mardi 25 décembre 2012

Joyeux Noël, à tous ! Oui... à tous !

C'est Noël ce matin. Ce n'était pas hier, ce ne sera pas demain. Enfin, il ne tient qu'à nous que ce soit tous les jours, comme le proposait un de ces cantiques approximatifs des années 80... Désolé si je vous ai mis l'air en tête, ça passera à coup de Tino Rossi dans la journée.

Noël... finalement c'est la fête la plus subversive de l'humanité, très loin devant la kermesse de la Courneuve. Jésus n'est pas né le 25 décembre. La fête a été posée là un jour choisi auparavant pour les Saturnales célébrant le retour d'un soleil souvent déifié. Sacré symbole... Mais drôle de soleil qu'ont choisi de célébrer les chrétiens, drôle de Dieu aussi : un gosse qui finira crucifié. Qui donc en voudrait ? Assurément personne au temps de sa naissance, où les forces de la nature étaient adorées de peur qu'elles viennent emporter récoltes et vies ; où les mânes du foyer étaient préservés pour qu'ils ne hantent pas les rêves des vivants. Et où l'on offrait force de sacrifices car seul le sang apaisait les dieux.

Puer natus in Bethlehem, alleluia
Unde gaudet Ierusalem, alleluia, alleluia.



Ainsi le christianisme est-il bien subversif... La foi chrétienne repose sur 2 scandales inacceptables pour quiconque souhaite remettre sa vie entre les mains d'un autre : un Dieu supplicié le Vendredi Saint, mais plus encore un Dieu-enfant. Bref, un Dieu vulnérable. Les plus nombreux ont choisi de porter un bijou en forme de croix pour rappeler leur attachement à cette foi, c'est sans doute plus seyant qu'un nourrisson en langes. Pourtant, et sans que l'un et l'autre soit envisageable l'un sans l'autre, pas de Pâques sans Noël, peut-être aurait-il mieux valu qu'ils s'ornent d'un nouveau-né. Pauvreté, simplicité... Ce signe serait aujourd'hui plus révolutionnaire encore, et assurément permettrait-il à ceux qui le porteraient d'être moins suffisants ou moins tristes.

Finalement, dans le monde aujourd'hui, où la royauté est celle d'un individualisme égocentré, y a t-il plus violent symbole qu'un nouveau-né ? Car l'arrivée d'un enfant décentre chacun de lui-même pour l'engager à s'intéresser à l'autre. Tout cède devant le sourire d'un bébé, tout cesse entendant ses pleurs. Un nouveau-né, c'est un formidable message d'espoir, sans frontières de races, de religions, de partis.

Alors, aujourd'hui, ne vous planquez pas derrière la laïcité. Arrêtez de jeter hors des places publiques les sapins et Père Noël car suspects de christianisme. Ne laissez pas les chrétiens fêter Noël tous seuls ! Acceptez ce bout d'espérance dont ils témoignent au milieu d'autres engagements plus difficiles à comprendre, plus difficiles à entendre. Rappelez-leur par votre joie et votre émerveillement qu'un autre monde est possible, et que là est leur engagement. Et si j'avais le pouvoir de lancer les tendances, je vous inviterais à découper un Jésus de crèche provençale pour l'agrafer à votre boutonnière.

Joyeux Noël, Paix sur la Terre aux hommes de bonne volonté.

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Cordialement,
Marc Guidoni