samedi 13 mai 2017

Si j'étais Président de la République Mickey ne serait pas Premier Ministre

Bon, toujours pas de coup de fil de Manu.

Mais j'ai peut-être mis la barre trop haut. En fait, voici ce que j'ai suggéré : poursuivre le dynamitage du système avec un cabinet politique, au lieu d’un gouvernement fait de chefs d’administrations centrales. Cela donnerait des ministères d’objectifs plutôt que des ministères gestionnaires. 

  1. un.e premier.e ministre (constitutionnellement incontournable), doté.e de pouvoirs précis et chargé du maintien de l’ordre public et des forces armées et du fonctionnement de l’Etat (budget, fonctionnaires…) ;
  2. un.e ministre de la justice et de la protection des droits (plutôt un ministre des justiciables qu'un ministre des juges en gros) ;
  3. un.e ministre des relations extérieures et de la paix (tout un programme) 
  4. un.e ministre de l’emploi, avec de larges pouvoirs pour orienter l’action de toute l’administration (il absorberait l’économie, le travail, les entreprises, l’artisanat, le tourisme, le numérique et la formation professionnelle et même les filières pros d’enseignement) ;
  5. un.e ministre de la culture et de la création, de l’éducation et de la mémoire, des sports et des loisirs (bref, un ministre du roman national, de notre histoire comme de notre avenir)
  6. un.e ministre de l’engagement (pour la vie asso, l’économie sociale et solidaire...)
  7. un.e ministre du développement durable.

7 personnes, engagées dans un contrat de gouvernement et chargées de préparer et porter des projets essentiels via le débat parlementaire (on assume notre constitution et son initiative gouvernementale des lois) et travailler de concert avec les collectivités territoriales. Prendre des nouveaux serait ainsi incontournables, pour résister aux retours aux schémas antérieurs.

J'entends les constitutionnalistes et les fonctionnaires hurler, mais tant pis... J'ai aussi plein d'idées pour les députés, mais on attendra les législatives, hein. Allez Manu, courage !

lundi 24 avril 2017

On ne transige pas avec la haine de l'autre

J'ai voté pour lui. Non pas lui, l'autre. A force d'écouter, à force d'arrêter de me prendre pour plus grand que moi et de développer mes arguments de gaullo-constitutionnaliste sur les primaires et tout ça, j'ai voté pour lui. Le pire, c'est qu'à un moment en vous lisant, en vous entendant, j'ai pu moi-même penser qu'il en serait autrement. Mais voilà, ce matin il n'en est rien. Tout cela a un goût amer, et ça passe pas.

Depuis le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral je ne crois plus guère aux institutions de la Vème République, alors que je reste attaché à sa stabilité. Depuis le Front national à Toulon et un certain 22 avril, je ne crois plus guère aux élections si l'on ne peut choisir celle ou celui qui nous représente sur un projet, plutôt que pour barrer la route à l'autre.

Mais avant d'aller à la pêche, avant d'espérer une sorte de 3ème tour improbable lors des législatives, je veux croire qu'il y a quelque chose à sauver. La société que nous construisons ainsi n'a pas de frontières, elle n'appartient à personne, c'est la grande famille humaine. Cette préoccupation de chaque jour ne doit pas nous échapper au gré des alternances politiques. Et nous ne devons pas la confier à des élus, quels qu'ils soient. Cette responsabilité nous devons la conserver et surtout la prendre !

Premier essentiel : chaque personne, quels que soient sa race, son sexe, son âge, sa nationalité d’origine, sa religion, son orientation sexuelle, son statut vis-à-vis de l’emploi, son niveau économique, sa santé, son intelligence, sa réussite ou n’importe quelle autre caractéristique engendrant des différences, est digne de respect.

Deuxième essentiel : nous vivons ensemble, nous faisons société et nous avons le devoir de participer à la construction d'un monde plus juste et plus fraternel, en travaillant ensemble pour le bien commun et le bien-être de tous, avec une attention particulière pour les pauvres et les personnes vulnérables.

Troisième essentiel : nous avons des choses à faire, à mettre en pratique là où nous sommes, sans attendre tout d'un gouvernement ou d'une organisation qui nous dépasse.

Pour ces raisons, qui traversent les âges et qui animent tant les chrétiens amis de la Doctrine sociale de l'Eglise que les héritiers des volontaires du Conseil national de la Résistance, personne ne pourra me convaincre qu'au nom des principes profonds qui m'animent, on puisse voter pour le Front National.

jeudi 20 avril 2017

Nous sommes Français, et pourtant...

Quelques semaines, quelques jours, quelques heures... Dans cette campagne si bruyante j'ai jusqu'ici choisi de me taire. Et puis hier, en passant un moment à Sciences Po à deviser de laïcité, de France et de République avec Jean-Louis Bianco et quelques étudiants, voici que le Président de l'Observatoire de la Laïcité sort un petit livre et nous lit quelques extraits d'un discours de François Mitterrand. Un texte vieux de 30 ans.

Ceux qui me connaissent savent que j'ai accueilli la proposition d'un sourire peut-être un peu narquois, tant je n'ai guère d'amitié pour "Tonton". Mais j'ai tout de même écouté, d'une oreille distraite... Et c'est ainsi que surpris, je vous livre ce soir à mon tour ces quelques mots.

"Nous sommes français, nos ancêtres les gaulois, un peu romains, un peu germains, un peu juifs, un peu italiens, un petit peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes ? … 
Ayant compris cela, je suis sorti de ma province et je souhaite qu'à travers les générations, les Français qui viendront après moi, fiers quand même de ce qu'ont été ceux d'avant, considèrent que ceux d'après, ceux du siècle prochain seront plus forts, seront plus riches de culture, seront des Français plus proches de l'universel et donc de la compréhension des affaires du monde, s'ils savent admettre et comprendre les autres cultures pour en faire aussi leur propre culture.
Cela se lie à des choix politiques en certaines circonstances. Je voudrais bien que ces choix politiques n'altèrent pas ce type de débat, et que puissent siéger dans des assemblées comme celle-ci, des femmes et des hommes dont les conceptions de politique intérieure sont diverses, mais qui sauraient s'allier pour refuser tous les appels de l'inconscient ou de je ne sais quel subconscient mal réglé ou mal dirigé. Qui seraient capables de choisir l'unité de la France à construire plutôt que le regret vain, parfois inintelligent, le refus de vivre dans son temps, ou le rêve de je ne sais quel âge d'or qui n'a jamais existé.
Savoir que si âge d'or il y a jamais, c'est celui que nous construirons, celui que vous saurez construire […] Celui que nous construirons, avec les autres et par les autres, pour être davantage encore ce que nous sommes."

Faites en bon usage, débattez-en. Mais au demeurant, ne perdez pas de vue que dans un débat il ne faut jamais conclure que toutes les idées se valent, que tous les projets se défendent. Dans une démocratie nous avons besoin de discerner les opinions qui permettent de servir le bien commun de celles qui malgré leur attrait divisent, isolent et détruisent jusqu'à la vie sociale même.

Extraits d'une allocution de M. François Mitterrand, Président de la République, à l'occasion du colloque sur "la pluralité des cultures" organisé par la Fondation "France-Libertés" à La Sorbonne, Paris, lundi 18 mai 1987. (texte intégral)

samedi 3 décembre 2016

Cachez cette crèche que je ne saurais voir #oupas

Depuis plusieurs mois, sinon années, les juristes cherchent la lumière dans un débat politique aussi creux que certaines figurines de plâtre qui décorent jardins, maisons, lieux de culte chrétien ou villes et villages à l'occasion de la fête de Noël.

Au moment où l'Education Nationale pourrait envisager de renommer les vacances de fin d'année pour être plus respectueux de l'ensemble des croyances ou non-croyances de la population, ce débat est relancé tactiquement par des élus soucieux de "patrimoine culturel", dans un sens qui leur est tout à fait particulier. Bref, la France pourrait-elle bientôt se déchirer à propos d'un couple juif mettant au monde un enfant dans un certain dénuement, bientôt entourés de mages orientaux peu catholiques et dont les effigies seraient dressées aux coins des rues ?

A bien regarder les récentes décisions du Conseil d'Etat, on peut donc compter plusieurs raisons de "faire la crèche" comme le dit l'expression populaire.

jeudi 10 novembre 2016

Pour un Noël festif, culturel et spirituel : vive la liberté de conscience !

Par deux décisions datées du 9 novembre 2016, le Conseil d’Etat éteint le contentieux des crèches de Noël en laissant entrevoir, par les fenêtres du Palais Royal, les joyeuses lueurs des illuminations qu’une lointaine tradition accroche aux murs de nos villes et villages. Et dans nos cœurs.

Les réactions sont nombreuses, face à un arbitrage juridique qui laisse à certains un goût d’inachevé, et pose plus la question de la place des religions dans notre société que réellement celle de la laïcité dans son principe le plus clair : la neutralité des personnes publiques.

En disant ce qui apparaît (lors d’une lecture rapide) comme « tout et son contraire », le Conseil d’Etat nous renvoie en effet à notre propre responsabilité. La réponse n’est donc pas à chercher dans la loi de 1905, mais dans l’article 10 de la Déclaration de 1789 et 9 de la Convention européenne des droits de l'Homme, dans notre propre capacité à gérer la liberté de conscience.

mercredi 9 novembre 2016

America... Obama... Trump...

Comme chantait le grand Bob Dylan...  Les temps sont en train de changer.
The Times They Are A Changing
Come gather 'round people
Venez rassemblez-vous tous braves gens
Wherever you roam
D'où que vous veniez
And admit that the waters
Et admettez que les eaux
Around you have grown
Autour de vous ont monté