lundi 9 avril 2012

Présidentielle : tu votes avant ou après la messe, dimanche ?

Il y a quelques jours, Slate.fr s’est interrogé sur la « variable religieuse » dans le vote de nos concitoyens confessant une foi dans la société laïque française. Votes juif, musulman, protestant et catholique sont ainsi décryptés par Henri Tincq, sans véritable surprise. Droite pour les uns, gauche pour les autres, les évidences sont telles que même la personnalité de Nicolas Sarkozy semble sans effet sur les pratiquants. Il faut dire aussi que, sans donner de véritable consigne de vote, les autorités religieuses se montrent actives dans la campagne.
Côté catholique, j’en détiens la preuve : le tract glané à la sortie de la messe de Pâques, dans lequel les catholiques de mon diocèse sont invités à « se déterminer en conscience devant les graves enjeux » de leur choix à venir…

Les cathos votent à droite, mais pas tous

On le sait, les catholiques ont la réputation de voter à droite. Parfois très à droite, alors que la foi chrétienne ne peut se satisfaire du discours haineux et discriminatoire du Front. Il y a toujours eu aussi des chrétiens de gauche, et même un "catholicisme social" opposé aux courants libéraux souvent accusé d'être en réalité plus socialiste que social. L’épisode de Grenoble en 2010 (propos sur les Roms) et les réactions souvent hostiles des catholiques (et notamment de la hiérarchie de l’Eglise cf mon billet à l'époque "quand la foi redevient un engagement") semble oublié aujourd’hui, les rangs devant se resserrer autour des éléments-clés que sont la famille, l’école libre et le refus de l’euthanasie.

Le programme du PS rompt clairement avec ces 3 fondamentaux : remise en cause du quotient familial et assimilation de la politique familiale à une politique sociale, contestation du financement public des écoles privées sous contrat, et proposition autour de la fin de vie assistée. Cela n’empêche pas un groupe de chrétiens de revendiquer leur qualité de « poissons roses », portant un message de recentrage de la politique autour de la personne situé fermement à gauche car plutôt hostile à l’idéologie libérale. Mais leur position, leur soutien à François Hollande, paraît difficilement compatible avec les 3 principes non-négociables déclarés par Benoît XVI et repris par les évêques de France.

Les marqueurs « droite » des cathos

Lourdement rappelés par l’épiscopat français, les propos du souverain pontife laissent peu de place à l’hésitation. Sans même confronter dans le détail les propositions des candidats, les propos de Ratzinger ont toujours orienté les catholiques vers une position conservatrice : la conscience chrétienne bien formée ne permet à personne d’encourager par son vote la mise en œuvre d’un programme politique ou d’une loi qui contreviennent à la dignité de la personne humaine. En découlent 3 principes incontournables pour le choix final, sorte de grille de lecture des professions de foi des candidats :
  1. La protection de la vie à toutes ses étapes
  2. La reconnaissance et la promotion de la structure naturelle de la famille
  3. La protection du droit des parents d’éduquer leurs enfants.
Et toi, tu fais quoi ?


Ce n'est pas un coming out. Mais je vous avoue que je suis plutôt du côté des gens qui disent qu'être chrétien est un mode de vie et une foi avant d'être une religion au sens cultu(r)el du terme. Que pour moi, le fait de donner du bonheur au gens et faire le bien autour de soi est un critère déterminant sur la fragilité du lien que je ressens souvent avec la communauté des tristes mines qui m'entouraient dimanche. Que mes enfants sont à l'école de la République. Mais que la solidarité, le partage et la fraternité sont des valeurs que j'aime enraciner plutôt dans l’Évangile que dans le Manifeste du Parti communiste ou le programme du Parti Socialiste.

Aussi, ça devient compliqué. Et je n'étais pas allé à la messe pour Pâques pour ça... Malgré l’affirmation renouvelée « L’Eglise n’a pas à donner de consignes de votes », il est un fait que les 3 principes dégagés par les évêques français dirigent la main des catholiques dans l’isoloir, quoi qu'on en dise... Que vont-ils faire ?


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Cordialement,
Marc Guidoni