jeudi 15 décembre 2011

RGPP : à qui profitent les économies ?

Un rapport publié hier, 14 décembre, par les services de Valérie Pécresse, notre Ministre du Budget, décerne les awards du bon usage des deniers publics aux services de l’administration qui peinent quotidiennement à faire face au service du public sous les coups de boutoir de la RGPP. Qu’à cela ne tienne, les réformes avancent, et on aurait réalisé les économies attendues (pour mémoire, on espère 15 milliards d’euros à l’horizon 2013 + 44 milliards de dette publique évitée). Des bonnes nouvelles pour sans doute faire fléchir Standard & Poors… 

LOLF et RGPP, la modernisation de l’administration

C’est en 2001 que la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) a lancé le nouveau mode de gouvernance de l’administration. Un mot nouveau, « performance » est venu bouleverser l’action publique, jusqu’ici fondée sur une notion plus floue, l’intérêt général. Comme beaucoup, et aussi parce que je connais bien son rédacteur, j’ai salué ce qui avait tout d’un effort motivé par la nécessité de rendre un meilleur service aux usagers tout en maîtrisant mieux les dépenses et en donnant de meilleures conditions de travail aux agents (mon papa était alors fonctionnaire actif, je suis sensible…).

La révision générale des politiques publiques (c'est ça, la "RGPP") lancée depuis 4 ans parachève ce mouvement, dont l’ambition est de préserver les services publics dans un contexte de crise des finances publiques. Il suffit de comparer avec la Grèce… n'est-ce pas ? Bref, la RGPP aujourd’hui ce sont plus de 500 mesures dont beaucoup, nous dit ce rapport, ont commencé à produire leurs effets et préservent la France tous les jours de la faillite. Ah ben non, en fait...

Le bilan du Ministère du Budget

Il est vrai que le programme des économies est étourdissant. Les 67 mesures listées font apparaître des résultats improbables, 7 milliards d’euros en une seule année, sur les dépenses des ministères et des établissements publics. Là-dessus, les suppressions de postes de fonctionnaires représentent à elles seules 2,6 milliards d’euros. Ce sont donc les dépenses d’intervention qui fournissent le gros des efforts (et notamment les subventions aux associations qui suppléent les services publics défaillants dans l'éducation, le social, ...).

Donc, tout va mieux : moins de fonctionnaires, moins de subventions et d’interventions directes. Tout ça c’est bon pour le service public. Et pour les agences de notation. Donc pour nous, par ricochet. D’ailleurs, c’est un fait, regardez autour de vous : les impôts baissent, le pouvoir d’achat augmente, les services publics sont efficaces et les fonctionnaires sont heureux, la libéralisation des services d’intérêt économique général a permis l’accès de tous à la technologie au meilleur prix, le prix du gaz baisse, … et oui, là-haut, oh oui !!!!! C’est le Père Noël ! ... Sois prudent Père Noël, demain c'est la tempête...

Pour en savoir plus...
- le dossier documentaire du 6ème Conseil de modernisation des politiques publiques
- la lecture du document par Acteurspublics.com
- la RGPP, une réforme stratégique en temps de crise (Stratégie RH)
- RGPP : restriction générale des politiques publiques (à partir du rapport Carrez - Union Locale CGT Paris XI)

illustration piquée honteusement ici

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Marc Guidoni