mercredi 16 mars 2016

La laïcité n'est pas une conviction (Vers un Etat français plus laïque partie 3)

"La laïcité n'est pas une opinion parmi d'autres mais la liberté d'en avoir une. Elle n'est pas une conviction mais le principe qui les autorise toutes, sous réserve du respect de l’ordre public." (Observatoire de la Laïcité "Qu'est-ce la laïcité")

Soyons précis… L’anticléricalisme est une conviction. Vous me direz, c’est forcément lié. Oui (le sens de l’histoire)... mais, non… 


Ailleurs qu’en France, en Belgique par exemple, le « courant laïque » est élevé au sens strict au statut de conviction, ouvrant des droits à ceux qui le pratique, comme à n’importe quel croyant. C’est subtil… pour sauvegarder la liberté des agnostiques, la non-croyance est devenue une sorte de foi.

Mais il faut dire qu'en Belgique, comme dans beaucoup de pays voisins, églises et États ne vivent pas séparés et que la base de la coexistence est une reconnaissance des cultes, avec un avantage important aux confessions chrétiennes. Dans un souci de non-discrimination et de pluralisme, 6 religions et convictions philosophiques sont ainsi reconnues et soutenues financièrement en Belgique. Au christianisme et au judaïsme s'ajoutent en effet les cultes anglican, protestant, musulman et donc, comme une ironie, la laïcité (depuis 2002).

Cette laïcité désigne "l’ensemble des associations et organismes regroupant des individus ne se réclamant d’aucune religion et désirant offrir un enseignement moral et une assistance à leurs membres". Elle est reconnue comme une composante idéologique de la société, à l'égal des visions portées par les religions.

En France, et malgré les protestations que j’entends monter d’ici, personne n’est « laïque » comme on serait protestant ou agnostique. Bien évidemment, on peut largement investir par conviction profonde des structures associatives qui ne cachent pas leur anticléricalisme primaire, voire secondaire. C’est sans effet sur la liberté religieuse que la neutralité de l’Etat assure, et même, puisqu’ils n’ont pour se regrouper ni culte ni procession, voici nos non-croyants moins bien lotis que les croyants.

Que cela vous rassure, ce la n'empêche, ni en Belgique ni en France, ne voir peu à peu des "réformes sociétales" éloigner le fonctionnement de la société de principes moraux situés dans les doctrines religieuses ou faisant référence aux racines judéochrétiennes de la vieille Europe. Rien n'est perdu !

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Cordialement,
Marc Guidoni