samedi 4 mai 2013

College boy : la violence n'éduque pas les consciences (maj)


 « âmes sensibles s’abstenir » nous dit prudent le Parisien lorsqu’il dévoile le nouveau clip de la chanson d’Indochine « College Boy ». A priori pourtant quoi de plus banal en ce moment qu’un titre dénonçant le harcèlement dont sont victimes les jeunes homosexuels dans les établissements scolaires ? Sauf que, et c’est là le message, cette situation en peut être banale, ni aucune autre violence perpétrée dans une cour de récréation. Oui, mais…

Plutôt enclin à m’enflammer contre ceux qui réclament une quelconque censure, je me range cette fois-ci aux côtés de ceux qui disent ce clip est choquant. Peut-être pas pour les mêmes raisons qu’eux. Et même… pourquoi pas.


D’abord, montrer la violence ne me paraît pas être le meilleur moyen de la combattre. D’autant plus dans notre monde où l’on montre tout. Tout ce qui est médiatisé perd son sens, pour n’être plus qu’un acte de communication quelconque, que chacun reçoit ou perçoit selon ses moyens. Nous, ce sera ici notre conscience d’adultes, d’éducateurs. Quel sera le filtre des jeunes fans du groupe ? D’autant plus que cette violence habilement mise en scène semble presque belle, en elle-même. Quelle horreur…

Ensuite, je ne suis pas convaincu que la crucifixion d’un adolescent puisse faire avancer la cause de la lutte contre le harcèlement scolaire, contre tous les harcèlements scolaires (on notera la place des adultes, l'image des élèves filmant la scène avec leurs mobiles...). Cette image ne me choque pas par rapport à des engagements plus personnels, pas plus que ça. Mais je me demande quel vrai message entend délivrer Sirkis et ses potes. Derrière la violence perpétrée par quelques blondinets bien peignés dans une institution semble-t-il très BCBG, peut-on lire autre chose qu'une nouvelle mise en accusation de l’Eglise ? Que signifie sinon ce groupe de religieuses qui fuient, seuls personnages avec les agresseurs à rester sans bandeaux sur les yeux ?

Enfin, on ne peut que saluer l’allusion faite aux ravages de l’introduction des armes à l’école aux Etats-Unis. Ainsi que la dénonciation des violences policières, lorsque les serviteurs de l’Etat sont aveuglés par une idéologie ou des consignes. Mais… même (et surtout) lorsque la cause est juste, trop de dénonciation tue la dénonciation. Si j’ose dire.

Bref, choquer pour se faire entendre, créer le buzz et vendre des disques. Ne vous y trompez pas. Tel est le but d’Indochine, car c'est le but d'un clip après tout : une vidéo promotionnelle. Qu'ils en aient besoin ou pas pour remplir les salles de concert n'est pas le problème. Que l'art soit un moyen de mettre au jour le silence des médias sur les plus graves des maux de notre société non plus. Je trouve lourd le tribut qu’il faut payer pour entendre leurs mélopées…

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Cordialement,
Marc Guidoni