jeudi 7 février 2013

Arythmie scolaire stade 2

[ce billet ne contient pas d’hommage déguisé ici au flagship du service des sports de France Télévision…]

Quiconque élève au grain des céréales Kellogg’s et au grand air de la ville des petits poulets scolarisés dans l’école de la République aura remarqué qu’ils y apprennent n’importe quoi, dressés par des enseignants dévoués mais malhabiles et dans une atmosphère appesantie par des évaluations grotesques destinées à reproduire la constante macabre dès la grande section de maternelle.

Derrière ce constat sordide, et sans contradiction avec l’appel « Parents Ensemble » dont je suis blogueur-fondateur, je proclame mon amour pour, pèle mêle, l’école, les enseignants (enfin, plutôt les enseignantes, et surtout une), le Ministre de l’Education nationale et sa réforme.

Oui, sur le fond, je suis favorable à la réforme des rythmes scolaires. En effet : l’objectif de structurer la semaine de manière à permettre aux enfants de vivre mieux à l’école et de réaliser leurs apprentissages fondamentaux (sociaux, culturels, cognitifs) dans les meilleures conditions m’est précieux.


De fait, le premier constat n’est pas le classement PISA de la France. Le premier constat, c’est que les gosses sont crevés en rentrant le soir, surexcités le vendredi et pire encore la semaine qui précède les vacances. Qu’ils passent une partie des congés à restaurer leur énergie et l’autre à reprendre le rythme de l’école. A cela s’ajoute que pour des raisons évidentes qui tiennent à la place du travail dans nos vies et le plus souvent encore à l’absence de solidarités familiales, dès qu’ils sont libres les bambins sont précipités dans l’activisme extrascolaire. En fonction des réalités locales, tel ou tel sortira ainsi du conservatoire à 20 :00, ou passera son dimanche ou son weekend à l’autre bout de la région voire du pays pour une compétition. Les gosses sont claqués, stressés, et soumis au diktat de la performance, y compris dans les évaluations chiffrées ou non proposées dès le plus jeune âge.

C’est en vrac, mais dans ces quelques lignes que vous venez de lire, tout y est :
  • le système « éducation nationale » qui est basé sur le concept de « bon élève » et n’a pas intégré qu’un élève est avant tout un enfant qui grandit, pas un dictaphone programmé pour entrer des les 3 cases qui nivellent la réussite depuis 60 ans : classe prépa / université / usine ;
  • la formation des maîtres qui n’ont aucune idée de ce qu’est la relation éducative et qui ont pour toute relation une vague amitié pour la matière qu’ils ont étudié jusqu’en master ;
  • l’évaluation, qui génère une peur de mal faire à un âge où devrait se manifester une soif d’apprendre naturelle, ainsi paralysée ;
  • la journée scolaire conçue pour permettre aux profs de délivrer un enseignement ;
  • la journée de l’enfant tributaire des conditions de travail de l’adulte et trimballé comme un paquet de modes de garde en modes de garde.

Oui, voilà tout, malgré le soin apporté à cette fameuse refondation, dossier sur lequel Vincent Peillon et son équipe bossent tel un shadow-cabinet depuis le milieu du quinquennat précédent, je me dis qu’on prend le problème à l’envers. De fait, à moins que l’on nous cache une nouvelle réduction du temps de travail, on ne peut que se demander comment en pratique nous pourrons, parents, organiser notre vie professionnelle pour l’adapter au nouveau rythme de l’école.

La priorité ? Changer la manière dont les enfants sont instruits pour qu’ils deviennent plus intelligents et plus cultivés et soient des acteurs de la vie sociale, ce n’est sans doute pas d’abord modifier leur emploi du temps.

Bon, évidemment, pardon pour les généralisations excessives… Mais elles me sont nécessaires pour être bref, sans que j’y sois réellement parvenu. Et n’oubliez pas, rejoignez-nous sur Parents Ensemble. Et faites tournez la pétition pour qu’aucun des enjeux de cette réforme ne soit oublié.

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Cordialement,
Marc Guidoni