lundi 22 août 2011

Qui veut la peau des colos (2)

C’est annoncé, Luc Chatel s’est prononcé pour une solution intermédiaire entre le contrat de travail et l’actuel contrat d’engagement éducatif. Mais au-delà de l’annonce des prémisses de la solution au feuilleton de l’été ‘Menaces sur les colos’, on ne sait toujours rien sur ceux qui seront consultés par le Ministre. Plusieurs d’entre nous s’interrogent, notamment sur la place qui pourra être données à certains ‘leaders’ des vacances éducatives, dont le modèle économique est ma foi assez éloigné des fondamentaux de ce que nous appelons-nous l’Education populaire.
Mais faut-il déclencher un conflit entre les anciens et les modernes ? Entre associations (dont certaines ont des comptes éloquents) et sociétés, entre éducateurs et vendeurs de loisirs ? Ne faut-il pas se concentrer sur l’essentiel : les familles utilisatrices et les jeunes qui s’engagent dans l’animation volontaire ?
Le repos en question

La querelle du CEE vient de l’action diligentée par une association iséroise qui se reconnaîtra, contestant l’amplitude du temps de travail des animateurs. Le Tribunal de première instance de la Cour de justice européenne a ainsi jugé que le contrat d’engagement éducatif n’était pas conforme au droit social européen, notamment en ce qu’il ne prévoit pas de période minimale de repos journalier, ou de compensation à cette absence.

C’est un fait, et au-delà de ce qui peut être contractualisé, le travail d’un animateur ou d’une animatrice sur un séjour est difficilement mesurable, et de ce fait il est difficile de prévoir son interruption formelle. Qui connaît le rythme d’un séjour de vacances pourra témoigner de cet indéfinissable temps de travail, de l’intensité de la présence auprès des enfants. Mais sans doute aussi d’une gestion de la fatigue aléatoire, due aux moments festifs et conviviaux liés à la vie collective d’un petit groupe de jeunes adultes. Las, plusieurs organismes encouragent à limiter les réunions tardives, mais c’est un fait, quand les enfants dorment, les animateurs se détendent. Et la détente, ce n’est pas du travail. Rien dans le droit européen n’impose de dormir durant une période minimale de repos journalier… Non ?

En fait, de tout temps, c’est à travers un jour de congés hebdomadaire que l’animateur récupérait. Jamais loin, mais exceptionnellement détaché d’un groupe d’enfants. Il faut le dire, le repos c’est surtout ne pas être avec eux : ne pas ‘gérer son groupe’, c’est faire cesser la tension constante et inextinguible de la responsabilité de petits autres. Si la question se situe sur le repos, alors la solution est peut-être dans une évolution du taux d’encadrement qui inclurait un volant obligatoire de cadres supplémentaires pour assurer un turn-over sur les groupes (dans le temps, on appelait ça des « animateurs-volants »).

La reconnaissance sociale et économique

Mais cette question du ‘repos’ en cache peut-être une autre. A lire quelques commentaires sous les articles de presse, et quelques billets de blogueurs, une autre interrogation lancinante anime le débat sur le CEE. S’y côtoient les tenants de l’engagement militant et citoyen, naturellement quasi-bénévole, et ceux qui dénoncent la marchandisation des loisirs et les colos à 1000 € par tête encadrées par des animateurs la formés indemnisés une misère.

Je ne détaillerai pas leurs arguments, vous laissant le soin d’aller les lire (voir infra). Ils ont en commun de souligner le double discours sur ce secteur d’activité : de plus en plus d’exigences et toujours aucune reconnaissance de la réalité du travail éducatif réalisé sur les structures. Lisez-les, on en reparle...

(à suivre)
 
à lire :
- Dossier ‘Menace sur les colos’ La dépêche.fr
- A propos du débat sur le contrat d'engagement éducatif et l'animation Animinfos
- Animateurs de colonies de vacances - Enfin une réflexion lancée! Benjamin Borghesio

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Marc Guidoni