vendredi 2 juillet 2010

Les pays où la vie est plus chère

On sait aujourd’hui ce que le phénomène des malls emporte dans le monde comme désordres économiques et sociaux. La ‘grande distribution’, sans forcément qu’elle use des artifices de centres commerciaux géants, jadis fer de lance de la lutte contre la vie chère, ont acquis une telle situation de monopole commercial qu’elles sont accusées aujourd’hui de grever le pouvoir d’achat des Français. Les marges arrières, le déréférencement, l’exploitation des caissières, esclaves du temps partiel subi … autant de manifestation de pratiques de gestion contestables qui ont tellement été mis en lumière par les médias que les entreprises concernées tentent aujourd’hui de prouver à tous leur probité.

C’est, nous dit Bruno Askenazi sur Slate.fr, le message que la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution entend faire passer à travers un nouveau site internet, nouschangeonsavecvous.com. Surfant sans doute sur le succès des campagnes de l’un d’entre eux avec sa démarche quiestlemoinscher.com, les grandes surfaces espèrent ainsi restaurer la confiance des consommateurs. Mais nombre de pratiques abusives survivent au quotidien.

Le déréférencement

Le déréférencement consiste à retirer les produits d’un fournisseur des rayons de ses magasins. Il s’agit du moyen de pression le plus efficace pour négocier, puisque perdre sa place sur les gondoles revient pour de nombreuses PME à constater une baisse substantielle de leurs ventes, avec à terme le risque de chômage voire de fermeture. Evidemment, aucun danger pour les multinationales, dont les produits phares sont indispensables aux enseignes, au point que certains hardiscounters ont contourné leurs principes pour, en les proposant, attirer une clientèle supplémentaire.

Les marges arrière et rétro-commissions

La pratique des marges arrière a été mise en lumière dans les médias à travers les plaintes de fournisseurs, qui dénonçaient la prise en charge de certains services de distribution qui leur était demandée. Pour être clair, après la négociation sur le prix d’achat, le distributeur impose une ‘participation aux frais’ aux entreprises dont il référence les produits, notamment pour assurer la mise en avant de ses produits vers la clientèle. Versées en nature (moins facile à contrôler), ces participations permettent de baisser le prix d’achat réel et donc d’augmenter le profit du distributeur.

Plus surveillées depuis leur médiatisation, ces pratiques ont fait place à celle des marges garanties, sorte d’assurance contre la mévente. En fin d’année, si le distributeur estime qu'une marque ne réalise pas un certain chiffre d'affaires, il va rechercher une compensation financière auprès du fournisseur. S’ajoutent encore à cela une ribambelle de clauses abusives qui pénalisent les fournisseurs dans les contrats conclus avec la grande distribution.

Les promotions permanentes

Les promotions et autres remises fidélité consenties aux porteurs de carte ou à tout client des grandes enseignes constituent elles aussi des atteintes régulières au droit de la concurrence. Et à la moralité ! On apprend en effet à la lecture des rapports de la DGCRRF que les ‘bons’ ou ‘opérations spéciales’ lancés par les distributeurs sont de nouvelles contraintes imposées aux fournisseurs. Au demeurant, la ménagère ayant l’illusion que son chariot lui rapporte de l’argent, la première conséquence est l’augmentation des dépenses immédiates, au bénéfice d’une économie future. Vous voyez l’arnaque. Non ?

En fait, il s’avère que toutes ces promotions ou bons de réduction sont rémunérées par les industriels, et bien souvent conservées par les distributeurs. Les centres de gestion sont incapables, lorsqu’ils reçoivent les coupons via les enseignes, de s’assurer qu’ils ont été remis par les clients.

d’après Bruno Askenazi, Grandes surfaces: une nouvelle image en promotion, Slate.fr 26.06.10

Aucun commentaire:

Publier un commentaire

Merci pour votre commentaire et votre participation à cette conversation. Votre message sera mis en ligne après modération.
Cordialement,
Marc Guidoni