mardi 8 juin 2010

Il faut que tout change pour que tout redevienne pareil

Les sorties surprenantes de Jean-François Copé sur la question de burqa m’avaient plutôt inquiétées. Il semble que la situation économique actuelle de la France et de l’Europe rende une pertinence plus habituelle à ses prises de positions. Ainsi j’ai lu avec attention une de ses récentes chroniques sur Slate.fr, à propos du nécessaire courage qu’il nous faut tous réunir, et les politiques de tous bords en premier lieu sans doute, pour lancer les réformes rendues indispensables par un changement d’époque que nous avons consommé à défaut d’en être les acteurs. Morceaux choisis …



Sortir du misérabilisme

Seulement 1/3 des Français pensent que leurs enfants auront un parcours social ascendant. « La crise actuelle joue le rôle d'un révélateur brutal. Nous payons au prix fort trente ans de politique de l'autruche, d'additions de petites lâchetés et de démissions collectives. Nous en payons le prix économique évidemment: la faiblesse des perspectives de croissance en zone euro, l'ampleur des déficits publics et des réformes à mener, découragent les investisseurs qui préfèrent se tourner vers d'autres régions, laissant ainsi le champ libre aux spéculateurs. Plus grave encore, nous en payons aussi le prix moral. Celui d'une perte de confiance généralisée. Tous les Français de moins de 30 ans ont ainsi le sentiment de n'avoir jamais connu autre chose que la «crise». […] Il est pourtant possible de retracer un chemin de confiance pour la France et l'Europe. La prise de conscience imposée par cette crise doit être pour nous une opportunité de renouer avec l'espérance.

La reprise, à deux conditions

D'abord, oser un regard lucide sur notre situation présente. […] il faut au préalable relativiser le sentiment de déclin par rapport à la période 1960-1970 et affirmer que le progrès est devant nous. […] D’autant que l’Europe et la France disposent des atouts majeurs et offrent à leurs concitoyens des conditions de vie et de développement largement au-dessus de la moyenne internationale. Ensuite, il faut se fixer un cap clair et juste, qui montre aux citoyens comment notre continent peut se donner les moyens de redevenir maître de son destin, y compris dans un environnement globalisé et ultra concurrentiel.

Quelle feuille de route ?
  • la compétitivité de notre pays : aujourd'hui, la croissance française tient essentiellement grâce à la consommation intérieure, stimulée en partie artificiellement par les dépenses publiques (entre 1950 et 2008 la part des prestations sociales dans le revenu disponible des ménages est passée de 14,4% à 29,4%). Il faut donc trouver de nouveaux moteurs de croissance, en misant notamment sur l'innovation et l'exportation.
  • les finances publiques : (là, je prends mes distances … je ne suis pas sûr de l’efficacité d’une constitutionnalisation de la règle d’équilibre des comptes publics ; mais, bon, dites moi …)
  • changer notre rapport au travail : renforcer l'équité entre les différents régimes de retraites; travailler plus longtemps; travailler mieux tout au long de la vie afin que les actifs arrivent en bonne santé à l'âge de la retraite; compléter les régimes de base en favorisant l'accès à l'épargne retraite. (pas de polémique …)
  • réconcilier réussite individuelle et collective : A la lutte des classes et des générations, il faut substituer une dynamique profonde d'unité (c’est joli, non ?)
  • l’ouverture au monde : Avec l'Europe, la France doit se tourner résolument à l'international, si elle ne veut pas sortir peu à peu de l'histoire, en laissant les Etats-Unis et la Chine constituer un G2 qui déciderait sans elle du sort de la planète. […] La France et l'Europe ont les ressources pour garder la maîtrise de leur destin, renouer avec la prospérité et consolider les fondamentaux du modèle social auquel nous sommes attachés. Il faut désormais mobiliser ces ressources en invitant chacun à participer avec ardeur à cette aventure collective.

L’opportunité de changer d’époque

« J'ai la conviction que le changement ne doit pas être vécu comme une angoisse mais comme une opportunité, notamment pour les nouvelles générations qui n'en peuvent plus d'être baignées depuis leur plus jeune âge dans «la crise». Le monde change vite; aujourd'hui l'Europe fait partie des suiveurs qui subissent le mouvement. A nous de tout faire pour devenir des acteurs qui l'orientent. »

L’intégralité de la chronique de Jean-François Copé : Changement d’époque

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Marc Guidoni