mercredi 31 janvier 2018

Kippa 'p ou pas cap... il faudrait relire la lettre de Mgr Saliège plus souvent

8 ans, une kippa sur la tête pour marquer son humilité et son respect envers Dieu.
Sur le chemin de l'école, des "jeunes" l'ont fait chuter sur le sol et lui ont porté des coups. Apprendra-t-on bientôt que ce n'était qu'un jeu, une sorte de cap' ou pas-cap' débile, ou un racket sournois qui s'est mal terminé ou pire... une agression délibérée parce qu'il avait une kippa.
72 heures après la journée de mémoire de la Shoah,.
Le procureur a classé l'acte était comme antisémite, un mot que j'espérais sorti du dictionnaire du français courant. Mais les mauvaises idées ont la vie dure.

Il semble qu'un certain nombre de messages ne parviennent plus, malgré l'écho qu'ils obtiennent sur tous les réseaux. Chaque fois j'aimerais entendre que c'est la première fois, que c'est un acte isolé. Et pourtant, quelques jours auparavant, c'est une jeune fille qui a été frappé au visage par un "homme encagoulé". Et vous savez le reste... Les chiffres de la DILCRAH sont saisissants.

Les Eglises se taisent, leur silence marquent peut-être une forme recueillement ? Chez les cathos, il me semble que la déclaration toute récente du Pape François sur l'antisémitisme a manqué d'écho... tout du moins en ai-je lu moins sur les réseaux que sur la fracture provoquée par la déclaration du MRJC sur la marche pour la vie. D'autres chrétiens se déchirent à propos d'une photo d'un couple gay. Quant aux migrants...

Au même moment, la Fondation de la France Libre me contacte pour proposer aux enfants de lire le message de la "journée du Souvenir", cette cérémonie républicaine désuète qui chaque dernier dimanche d'avril permet à la France de faire mémoire des victimes de la Déportation, de TOUTES les victimes, ENSEMBLE. A cette occasion, le délégué local propose que le texte soit celui de la Lettre de Monseigneur Saliège, compagnon de la Libération et Juste parmi les nations. On devrait le lire plus souvent, et pas qu'à la messe...

"Mes très chers Frères,
Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.
Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.
Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t-il plus ?
Pourquoi sommes-nous des vaincus ?
Seigneur ayez pitié de nous.
Notre-Dame, priez pour la France.
Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.
France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs.
Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.

Jules-Géraud Saliège
Archevêque de Toulouse
23 août 1942"

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Cordialement,
Marc Guidoni