vendredi 5 septembre 2014

Les ruines sont éternelles

« Le triomphe des démagogies est passager, mais les ruines sont éternelles.  » écrivait Charles Peguy, tombé "au champ d'honneur" comme on dit, il y a tout juste 100 ans aujourd'hui, le 5 septembre 1914.

A bien regarder les dépêches de l'actualité de ce jour, le caractère prophétique de cette phrase apparaît comme une évidence. Nous sommes prisonniers de tellement de contradictions...


A ceux qui cherchent l'amour, et qui le trouvent, une entreprise suggère, que dis-je suggère, encourage avec force publicité, le mensonge et l'infidélité. Peut-être parce qu'ils sont actionnaires des sites de rencontres pour célibataires désespérés ?

Pour ceux qui souhaitent la paix, et la grandeur de la France, notre Président (oui c'est le nôtre, à tous, on fait ce qu'on peut...) refuse de livrer un navire de guerre, et les syndicats pacifistes livrent bataille pour qu'il renonce, au nom de l'emploi des ouvriers des chantiers navals.

La nouvelle ministre de l'Education, ancienne porte-parole du droit des femmes, s'insurge contre le brûlot de l'ex du Président de la République, femme trahie, blessée et jetée en pâture aux médias qui jadis l'employaient.

Un secrétaire d'Etat vice-président d'une commission d'enquête sur un fraudeur fiscal se révèle lui-même en délicatesse avec ses contributions.

On pourrait en faire encore un long inventaire, mais je n'ai pas la patience de dresser cette liste, pathétique, de notre servilité. Je m'en vais signer le chèque de mon troisième tiers, et expliquer aux enfants qu'ils auront une orange à Noël, tandis que ceux qui conspuent la rigueur et l'austérité rentrent de leurs vacances au Maroc ou ailleurs.

Notre Constitution protège le pouvoir pour qu'il règle les crises de notre pays. Mais pour qu'il y parvienne, il faut un chef qui donne un espoir non seulement à nous autres électeurs, mais aussi à tous les observateurs, qui éclaire ce signal qu'a été la France pour de si nombreux peuples. En 1958, elle devait en finir avec les dérives du régime parlementaire, avec la politique des corridors qui renversait les ministères comme un enfant jouait aux quilles. Selon les caprices du temps.

C'est un fait, en confiant notre destin à des politiciens courageux nous avons gagné la stabilité. Mais en donnant le pouvoir (tous les pouvoirs) à cette oligarchie méprisante, nous n'avons obtenu que l'immobilisme. Et le silence, l'assourdissant silence de ceux qui souffrent et qui meurent, face aux vacarme d'une réalité factice qui entretient le peuple dans sa servilité.

Alors, que faut-il faire ? Fuir, comme la Communauté de l'Anneau au-dessus du gouffre à l'arrivée du Balrog des pofondeur ? Je ne voudrais pas qu'un homme revienne et constate avec désespoir, comme Charlton Eston dans la Planète des Singes de 1968 : "Oh mon Dieu... C'est pas vrai... C'est pas possible... Deux mille ans plus tard, nous étions revenus sur la Terre. Ce monde de cauchemar c'est la Terre. Ah les criminels ! Ils les ont fait sauter leurs bombes ! Ah, les fous ! Je vous hais ! Soyez maudits jusqu'à la fin des siècles !"

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Cordialement,
Marc Guidoni