samedi 4 septembre 2010

Sécurité, liberté, humanité

Seront-ils nombreux cet après-midi à manifester contre le tour inquiétant que prend notre république ? Sans doute moins que mardi pour sauver l'intenable système des retraites. L'imposture démocratique, qui consiste à circonscrire la citoyenneté à l'exercice irrégulier et encadré du droit de vote, fait son œuvre. L'individualisme libéral, n'en déplaise aux militants gauchisants fera le reste. La couverture médiatique des élans sécuritaires du gouvernement fait remonter la côte des puissants, agités par les plus sombres calculs. Ils vivent déjà en 2012, nous laissant le quotidien. Quel quotidien ... Sans faire les raccourcis prêtés aux uns par les autres et aux autres par les uns, je trouve là l'occasion de reproduire le texte de la lettre de Monseigneur Saliège, dont la mention par l'évêque actuel de Toulouse, son successeur, a valu à l'Église en France une verte réprimande médiatico-politique. Pour une fois que les curés ne font pas de la morale, mais invitent fermement à plus d'humanité ...

LETTRE DE S.E. MONSEIGNEUR SALIEGE ARCHEVEQUE DE TOULOUSE
SUR LA PERSONNE HUMAINE

« Mes très chers Frères,

Il y a une morale chrétienne, il y a une morale humaine qui impose des devoirs et reconnaît des droits. Ces devoirs et ces droits, tiennent à la nature de l’homme. Ils viennent de Dieu. On peut les violer. Il n’est au pouvoir d’aucun mortel de les supprimer.

Que des enfants, des femmes, des hommes, des pères et des mères soient traités comme un vil troupeau, que les membres d’une même famille soient séparés les uns des autres et embarqués pour une destination inconnue, il était réservé à notre temps de voir ce triste spectacle.
Pourquoi le droit d’asile dans nos églises n’existe-t-il plus ? Pourquoi sommes-nous des vaincus ? [...]

Dans notre diocèse, des scènes d’épouvante ont eu lieu dans les camps de Noé et de Récébédou. Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos Frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier.

France, patrie bien aimée France qui porte dans la conscience de tous tes enfants la tradition du respect de la personne humaine. France chevaleresque et généreuse, je n’en doute pas, tu n’es pas responsable de ces horreurs.

Recevez mes chers Frères, l’assurance de mon respectueux dévouement.
Jules-Géraud Saliège, Archevêque de Toulouse, 13 août 1942
À lire dimanche prochain, sans commentaire. »

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Cordialement,
Marc Guidoni